Transformer un siège social de 1 592 m² : retour d’expérience sur le projet GFF
Comment transformer un siège social devenu inadapté aux usages d’une entreprise en croissance ?
Pour GFF, entreprise spécialisée dans la distribution de composants et de solutions pour le secteur du froid, nous avons accompagné la transformation de son siège social à Saint-Bonnet-de-Mure, près de Lyon.
Le projet porte sur 1 592 m² de bureaux, avec une rénovation, une extension et une réflexion complète sur les usages : organisation des équipes, lumière naturelle, circulations, acoustique, espaces collaboratifs, visioconférence, convivialité et identité de l’entreprise.
Mais le projet avait une particularité importante : il s’inscrivait dans un chantier beaucoup plus vaste et s’est déroulé en plusieurs phases successives.
Notre intervention concernait principalement la transformation du siège social, dans un chantier qui a finalement permis de repenser en profondeur la manière dont les collaborateurs travaillent et se rencontrent.
1. Le problème : des bureaux qui ne correspondaient plus à l’entreprise
Lorsque nous sommes intervenus sur le projet GFF, l’entreprise avait déjà beaucoup évolué. Les équipes s’étaient développées, l’activité avait grandi et les ambitions de l’entreprise étaient importantes. Mais les locaux n’avaient pas suivi cette évolution. Les bureaux étaient devenus vétustes et les services étaient parfois éloignés les uns des autres, voire répartis sur différents sites. Cette organisation compliquait les échanges et la collaboration au quotidien.
Le groupe avait par ailleurs engagé un projet beaucoup plus global avec la rénovation et l’automatisation de son entrepôt logistique. La transformation du siège social faisait partie de cette évolution. Le sujet n’était donc pas simplement de rénover des bureaux existants.
Il fallait profiter de cette transformation pour réfléchir à une nouvelle organisation du travail :
rapprocher certaines équipes ;
faciliter les échanges ;
créer davantage de rencontres informelles ;
permettre de travailler seul ou à plusieurs selon les besoins ;
offrir de vrais espaces pour les visioconférences ;
améliorer le confort quotidien ;
et donner au siège une image plus en accord avec l’entreprise qu’il était devenu.
2. Un chantier en trois phases
La transformation du site GFF ne s'est pas faite en une seule opération.
Le chantier s'est déroulé en trois phases successives.
Phase 1 : l'entrepôt logistique
La première phase concernait l'entrepôt logistique.
Le chantier était piloté par l'architecte Marc Total, qui nous a intégrés au projet en cours de réalisation pour travailler sur la transformation intérieure des bureaux.
Phase 2 : rénovation et extension du siège
Notre intervention s'est concentrée sur les deuxième et troisième phases.
La deuxième comprenait :
la rénovation d'environ 500 m² de bureaux existants ;
la création d'environ 850 m² de bureaux supplémentaires.
Cette phase a représenté environ 18 mois de chantier, dont environ huit mois consacrés au second œuvre.
C'est sur cette partie que nous avons conçu l'organisation intérieure, choisi les finitions et accompagné la réalisation des aménagements.
Phase 3 : rénovation des bureaux existants
La troisième phase, réalisée dans la continuité, sur une année supplémentaire, concernait la rénovation de l'autre moitié des bureaux existants, soit environ 500 m² supplémentaires.
Cette organisation en plusieurs phases permettait au projet global de se poursuivre tout en maintenant l'activité de l'entreprise.
3. Le diagnostic : partir des contraintes réelles du bâtiment
Avant de dessiner le nouvel aménagement, nous avons cherché à comprendre les contraintes du bâtiment et les usages de GFF.
Plusieurs problématiques sont rapidement apparues :
Une seule façade réellement ouverte sur l'extérieur
Le bâtiment est mitoyen de l'entrepôt logistique sur l'une de ses façades. La lumière naturelle disponible se concentrait donc principalement sur la façade extérieure. Cela créait une contrainte importante pour l'organisation du plan. Il fallait éviter de réserver les espaces bénéficiant de la lumière naturelle à quelques bureaux privilégiés et trouver des moyens de faire pénétrer cette lumière plus profondément dans le plateau.
La question des seconds jours est ainsi devenue un élément important de notre réflexion.
Un couloir de près de 100 mètres
Une autre contrainte était particulièrement visible : la circulation principale traversait le bâtiment sur une très grande longueur. Près de 100 mètres de circulation continue. Le client parlait lui-même du « couloir de 100 mètres », avec la crainte d'obtenir un espace monotone, peu chaleureux et difficile à vivre au quotidien.
Plutôt que de chercher uniquement à dissimuler cette longueur, nous avons choisi de lui donner une fonction.
Des collaborateurs très souvent au téléphone ou en visioconférence
Autre contradiction apparente : le dirigeant souhaitait limiter les portes et les cloisonnements, alors que les collaborateurs passaient une grande partie de leur journée au téléphone ou en visioconférence. Il fallait donc permettre de s'isoler sans multiplier les bureaux fermés.
Cette réflexion nous a conduits à différencier clairement les usages plutôt qu'à appliquer une solution unique à l'ensemble du plateau.
Rapprocher les équipes
L'organisation spatiale devait également permettre de rapprocher stratégiquement certaines équipes. L'enjeu était de faciliter les collaborations quotidiennes mais aussi de créer davantage de rencontres informelles. Un siège social ne fonctionne pas uniquement grâce aux salles de réunion. Les échanges qui ont lieu dans un espace café, dans une circulation ou autour d'un déjeuner participent eux aussi à la vie de l'entreprise.
4. La stratégie : organiser les espaces selon les usages
Le projet s'est construit autour d'un principe simple :
chaque espace devait être placé là où son usage était le plus pertinent.
Plutôt que de répartir uniformément les fonctions, nous avons hiérarchisé les espaces selon leurs besoins en lumière, en calme, en confidentialité ou en convivialité.
Les bureaux au contact de la lumière
Nous avons placé en priorité les bureaux de direction et les espaces de travail des collaborateurs le long de la façade extérieure. Les benchs ont été disposés perpendiculairement à la façade afin d'optimiser l'apport de lumière naturelle. Les open spaces ont ensuite été organisés par services. Ils restent identifiables les uns par rapport aux autres, tout en étant ouverts sur la circulation principale. Cette organisation permet de conserver une lisibilité des équipes sans revenir à une succession de bureaux fermés.
Le forum au centre du plateau
Pour casser l'effet du long couloir, nous avons fait un choix qui allait à l'encontre de la logique envisagée initialement par le client : nous avons placé l'espace de convivialité au centre du plateau.
L'idée était de créer une sorte de forum : un lieu central autour duquel la vie collective pouvait s'organiser.
La logique initiale aurait pu conduire à placer les espaces conviviaux aux extrémités du plateau afin de les éloigner des postes de travail et de limiter les nuisances sonores. Nous avons choisi de faire l'inverse. Mais cela supposait de traiter sérieusement la question acoustique et les relations visuelles entre les différents espaces.
Le forum est donc devenu un véritable cœur du projet : il permet de casser la perception du long couloir et crée un lieu où les collaborateurs peuvent naturellement se retrouver.
Les rideaux : une réponse architecturale à la circulation
Pour séparer visuellement les espaces de travail de la circulation, nous avons imaginé des rideaux en voilage. Ils répondent à plusieurs problématiques simultanément.
Ils permettent de :
préserver une certaine intimité ;
limiter les vues directes sur les écrans ;
atténuer les nuisances liées aux circulations ;
améliorer le confort acoustique ;
conserver la lumière naturelle ;
éviter de construire des cloisons supplémentaires.
Sur le papier, la solution semblait assez simple. Elle a pourtant été l'un des choix les plus difficiles à faire accepter. Le mot « voilage » renvoyait aux clients à une image très domestique et un peu désuète. Nous avons donc recherché d'autres solutions, mais aucune ne permettait de répondre aussi simplement à l'ensemble des contraintes.
Finalement, les rideaux ont été retenus, et ils sont devenus l'une des bonnes surprises du projet. Après la livraison, les clients ont même souhaité en ajouter à d'autres endroits.
Pour nous, cet épisode illustre quelque chose d'essentiel dans un projet d'architecture intérieure : la confiance permet parfois d'aller chercher des solutions que le client n'aurait pas spontanément choisies.
Des espaces de réunion différents selon les besoins
Nous ne voulions pas créer une série de salles de réunion identiques, le projet comprend donc différents types d'espaces, conçus pour des situations différentes :
salles de réunion de direction ;
salles pour les grands groupes ;
espaces modulables ;
salles avec tables hautes ;
espaces de brainstorming ;
salles d'échange plus informelles ;
espaces permettant de s'isoler pour les visioconférences.
Les extrémités du plateau accueillent notamment les « bureaux Teams », destinés aux usages nécessitant davantage de calme et d'isolement.
Cette organisation permet de ne pas demander au même espace de répondre à tous les usages. Une visioconférence, une réunion de direction, un brainstorming à plusieurs ou un échange informel n'ont pas les mêmes besoins. L'aménagement devait donc refléter cette diversité.
5. Transformer un hall sans fonction précise en lieu de rassemblement
Le hall d'entrée posait un autre problème. Dans le brief initial, il n'avait pas réellement d'usage précis : GFF n'avait pas besoin d'une banque d'accueil traditionnelle.
Mais au fil des échanges, nous avons identifié un besoin beaucoup plus important. L'entreprise organisait régulièrement des réunions avec ses équipes régionales. Faute d'un espace suffisamment grand, ces rassemblements étaient parfois organisés dans l'entrepôt.
Nous avons donc proposé de transformer le hall en espace de regroupement, et le lieu est devenu un véritable espace collectif. Nous avons imaginé des estrades en bois issues de l'économie circulaire, végétalisées et accompagnées d'un arbre intégré au dispositif. Aujourd'hui, GFF utilise régulièrement cet espace pour accueillir ses équipes régionales.
C'est un exemple qui résume assez bien notre manière de travailler : le brief initial ne contient pas toujours le véritable besoin. Une partie du rôle de l'architecte d'intérieur consiste précisément à faire émerger ces besoins au cours du projet.
6. L'acoustique : travailler avec plusieurs réponses plutôt qu'une seule
Dans un espace de travail de cette dimension, l'acoustique ne peut pas être traitée uniquement en ajoutant quelques panneaux absorbants. Elle dépend aussi de l'organisation spatiale, des matériaux et des circulations.
Nous avons donc combiné plusieurs dispositifs :
organisation des espaces ;
séparation entre les services ;
rideaux ;
choix des revêtements de sol ;
espaces fermés pour les usages nécessitant du calme ;
mobilier et éléments contribuant au confort acoustique.
Les dalles de sol souples
Le choix de la moquette a d'ailleurs donné lieu à un véritable débat avec le client. GFF souhaitait améliorer le confort acoustique et craignait notamment les bruits de pas dans de grands espaces où les collaborateurs doivent beaucoup circuler. Mais il existait certaines idées reçues sur la moquette.
Nous avons donc défendu le choix de dalles de moquette modulyss adaptées à un usage tertiaire intensif. Selon la collection choisie, les dalles modulyss peuvent notamment intégrer des fibres ECONYL® issues de nylon régénéré provenant de déchets tels que des filets de pêche, et certaines solutions sont conçues pour améliorer l'absorption acoustique.
Une fois le matériau accepté, nous avons d'ailleurs changé le vocabulaire utilisé dans nos documents : nous parlions de « dalles de sol souples » plutôt que de moquette.
Ce détail est révélateur : dans un projet, la perception d'un matériau compte parfois autant que ses caractéristiques techniques.
7. Une identité inspirée de l'univers industriel de GFF
L'identité du projet ne devait pas être simplement décorative. Nous avons cherché un fil conducteur directement lié à l'activité de GFF.
L'aluminium, présent dans l'univers professionnel de l'entreprise, a constitué l'un des points de départ de notre réflexion. Cette matière fait également écho aux nombreux tuyaux visibles dans l'environnement industriel de l'entrepôt. Nous avons ensuite choisi de contrebalancer cette dimension industrielle par un vocabulaire plus naturel. L'objectif était de créer un environnement plus apaisant et serein sans effacer l'identité industrielle du site.
La palette associe notamment :
blanc rosé sur les murs ;
tons sable pour les sols des bureaux ;
basalte dans certaines salles Teams et salles de réunion ;
matériaux évoquant la pierre dans le hall et les espaces café ;
nuances de vert et de bleu ;
harmonies chromatiques spécifiques pour les différentes salles de réunion.
Les espaces dédiés à la collaboration utilisent notamment des tonalités plus chaudes, tandis que d'autres espaces privilégient des atmosphères plus calmes.
La végétation complète cette approche. Chaque étage a été végétalisé afin d'introduire davantage de présence du vivant dans cet environnement fortement marqué par l'activité industrielle.
8. Les arbitrages : ce que nous avons choisi de ne pas faire
Les projets d'architecture intérieure montrent souvent le résultat final. Ils montrent beaucoup moins les décisions qui ont permis d'y arriver.
Pourtant, ce sont souvent ces arbitrages qui révèlent le mieux le travail de conception.
Dans le projet GFF, nous partions presque d'une page blanche puisque l'organisation existante devait être profondément transformée. Nous avons donc dû faire des choix sur ce qu'il fallait privilégier.
Ne pas multiplier les cloisons
Le besoin de confidentialité aurait pu conduire à multiplier les bureaux fermés. Nous avons préféré différencier les usages : open space pour travailler ensemble, salles d'échange pour les conversations, bureaux Teams pour les visioconférences et espaces de réunion pour les échanges collectifs.
Ne pas repousser la convivialité aux extrémités
Nous avons volontairement placé le cœur convivial au centre du plateau.
Ce choix était moins évident acoustiquement, mais il permettait de donner une fonction à la circulation et surtout de créer un lieu de rencontre quotidien.
Ne pas choisir les matériaux uniquement pour leur esthétique
Chaque matériau devait répondre à plusieurs critères :
Le sol devait participer au confort acoustique et à la durabilité.
Les rideaux devaient préserver la lumière tout en créant une séparation visuelle et acoustique.
Le mobilier devait répondre aux usages mais aussi participer à l'identité générale du projet.
Cette recherche de cohérence entre esthétique, usage et technique a guidé l'ensemble du projet.
9. Le rôle d'Atelier DITO dans la réalisation
Notre mission sur le projet GFF comprenait :
la conception de l'aménagement intérieur ;
le choix de l'ensemble des finitions des espaces de bureaux ;
la prescription du mobilier ;
le suivi des agencements (agencements menuisés sur mesure par La Fabrique, agencements aciers Créacier);
le suivi des rideaux (Atelier Virginie Morel) ;
la prescription du mobilier (Kinnarps) ;
la coordination des choix de finition avec les autres lots.
Notre intervention ne s'est donc pas limitée à dessiner l'espace. Elle s'est poursuivie jusqu'aux détails qui donnent au projet sa cohérence finale.
10. Le résultat : 1 592 m² et 135 postes de travail
Mais les chiffres ne suffisent pas à mesurer la réussite d'un aménagement de bureaux.
Le retour du client après livraison est particulièrement intéressant.
Selon GFF, tous les espaces sont aujourd'hui utilisés.
Les collaborateurs se sont approprié les différents types de lieux et le client nous indique avoir constaté une amélioration réelle de la satisfaction des employés. Il estime également que la transformation du siège a eu un impact positif sur le recrutement et sur la réduction du turnover.
Un autre indicateur nous a particulièrement marqués : certaines personnes dont le client pensait qu'elles seraient les plus critiques face au changement se sont finalement très bien approprié les nouveaux espaces.
Selon les mots du maître d’ouvrage : nous avoons réussi à « changer leur quotidien ».
C'est probablement l'un des meilleurs indicateurs qu'un projet d'architecture intérieure puisse produire. Non pas simplement un espace que l'on trouve beau le jour de la livraison, mais un lieu qui fonctionne réellement et améliore la vie quotidienne.
« Très à l’écoute de nos besoins, l’atelier DITO a réussi à concilier nos envies et notre budget. Le résultat est au-delà de nos attentes ! Vous avez réussi à changer notre quotidien. »
11. Ce que le projet GFF nous a appris
Ce projet nous a confirmé une conviction qui guide notre travail sur les espaces professionnels :
Un espace de travail performant nécessite une meilleure hiérarchie des usages.
Un poste de travail n'a pas besoin d'être isolé en permanence si un espace adapté à la visioconférence ou un espace de repli existe à proximité.
Une circulation peut devenir un lieu qui organise et met en relation
L’usage d’une salle de réunion gagne a être questionnée et aménagée en conséquence
Un hall d'entrée n'a pas nécessairement besoin d'une banque d'accueil, alors quelle fonction peut-il abriter au-delà d’être un simple lieu de passage ?
Ce projet nous a surtout rappelé que l'architecture intérieure d'un siège social consiste moins à remplir des mètres carrés qu'à organiser les relations entre les personnes, les usages et les espaces.
C'est cette réflexion qui permet, selon nous, de concevoir des espaces de travail capables d'accompagner réellement une entreprise dans le temps.
Découvrir le projet GFF
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Le siège social de GFF à Saint-Bonnet-de-Mure représente 1 592 m² après rénovation et extension.
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Les espaces accueillent environ 124 utilisateurs et comprennent 130 postes de travail.
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L'acoustique d'un open space ne dépend pas d'un seul matériau. Pour GFF, Atelier DITO a combiné organisation des espaces, séparation des usages, rideaux, revêtements de sol souples et espaces dédiés aux visioconférences et aux échanges nécessitant davantage de calme.
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La collaboration peut être favorisée en rapprochant stratégiquement les équipes et en créant des espaces permettant différents types d'interactions : réunions formelles, échanges informels, convivialité, brainstorming et travail collectif.
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Une réunion de direction, une visioconférence, un brainstorming ou une réunion réunissant un grand nombre de collaborateurs n'ont pas les mêmes besoins. La diversité des espaces permet d'adapter l'environnement à chaque usage plutôt que d'utiliser une salle standardisée pour toutes les situations.